dimanche 11 novembre 2018

Les sanctuaires gallo-romains : bilan et découvertes



Mieux connaître le "fanum", ce temple  gallo-romain dont la présence dans notre région est plutôt rare mais précieuse, voilà ce que vous propose Marc Durand, le vendredi 30 novembre à 20h30 dans l'amphithéâtre du lycée Rascol. Entrée libre comme toujours.


mardi 30 octobre 2018

La cathédrale d'Albi par la face nord



Un colosse tout en argile (I)

Le mur gouttereau du flanc nord de la cathédrale d'Albi réserve quelques détails intéressants. Il nous permet d'abord de mesurer l'ampleur du bâtiment et de son constituant : la brique. Ce mur immense n'est pas destinée à recevoir un enduit de couverture. Il  est dit "brut de parement". Par ailleurs aucun coffrage. L'épaisseur maximale des murs en bas résulte de dizaine de rangées de briques.

Bien malin qui connait le nombre de briques qu'il fallut pour construire le bâtiment ⁽¹⁾. À vrai dire, à ce terme de «brique» emprunté au Nord de l'Europe, il faudrait préférer celui de “teula” venu de la tegula latine. 
Au Moyen Âge, il faut imaginer de très petites unités de production, les teulièras, disséminées au sud et au nord d’Albi dans un rayon de quelques kilomètres. 

La proximité des gisements d'extraction² devait jouer un rôle prépondérant car le travail préparatoire en était raccourci. Le transport des briques, tuiles et carreaux par charretées, par tombereaux plusieurs siècles durant, en était d'autant plus facile.

Il est fort probable que le développement et la spécialisation en productions argileuses du quartier du "Bout du Pont" soient contemporains de l'époque de la construction de la cathédrale et de "La Berbie".³ À proximité de la rivière, des lieux comme "Fontvialane", le chemin de Carlunet ou "L'Escapadou", montrent qu'il existait des tuileries parfois dès le XIVᵉ siècle et sans doute avant. À elle seule, l'activité mobilisait une partie de l'année les paysans des alentours. Apparemment, les tuiliers étaient "fermiers" des fours. Ils les louaient à de puissants propriétaires. Ils pouvaient d'ailleurs les partager à plusieurs.


Le travail des teuliers

La saison froide était celle de l’extraction (le piquage) et de l'exposition de l'argile aux intempéries afin de faciliter son délitage. Par ailleurs, on ramassait le bois.

La saison chaude était celle de la préparation et de la cuisson. Briques, tuiles, carreaux de sol, montrent un même procédé de fabrication.

Selon la qualité de l'argile les préparations étaient plus ou moins longues et toujours sophistiquées.


Piétinée, émiettée, un temps décantée dans des bassins⁴ ou prélevée dans le Tarn sous forme de « lize », l'argile devait présenter toutes les caractéristiques adaptées. Mélangée à du sable, l'objectif était d'obtenir une pâte homogène. L'argile devait perdre un peu son côté gras avec des « dégraissants »,  comme la silice ou des végétaux, qui modifient ses propriétés lors de la chauffe. Elle était ainsi prête au moulage. De ces opérations compliquées, il faut avouer que nous ne savons pas grand chose.

Une fois dans un moule en bois, la pâte était tassée à la main⁵.
Arrivait, alors, le temps du séchage. Plutôt à l’ombre, afin d'éviter les fissures. Enfin, les briques étaient cuites au four.

Face supérieure. Coté lisse ou raclé de la brique, tassé et aplani à la main. Il n'est pas rare d'y voir des traces de doigts.


Face inférieure. Côté rugueux ou graine. Fond du moule avec parfois des brins de végétaux.
De tout ce passé laborieux, il ne reste plus grand chose en terme matériel. Et les archéologues éprouvent le plus grand mal à localiser les lieux précis d'extraction et de préparation pourtant nombreux à une époque. La terre devait être extraite en plein air à la pioche par tranchées, sur les côteaux ou encore dans des zones marécageuses comme à Pratgraussals.

Pour les fours, leur fonctionnement est mieux connu mais seulement pour l'époque moderne. À notre connaissance, aucun four à briques médiéval n'a été fouillé sur l'Albigeois. Pour l'instant.

Un four à briques vertical et intermittent à l'époque moderne dans la région⁶

Les fours traditionnels dans le Toulousain étaient souvent bâtis en terre crue. Il n'y avait pas forcément de haute cheminée mais un toit à deux pans surélevés qui laissait passer la fumée. 

Schéma d'un petit four à briques et autres terres cuites avant la Révolution dans le Toulousain. C'est le type de four qui est décrit dans "L'Encyclopédie" de Diderot et d'Alembert au XVIIIe siècle. Parfois, le four s'accompagne autour de hangars couverts de séchage.

Le dispositif de plan carré se résumait à une chambre de chauffe ouverte par deux foyers dans lesquels les teuliers allaient glisser du combustible. Ces fours étaient proches des sources d'approvisionnement en bois et en terre. Éloignés - autant qu'il était possible de la ville - à cause des risques d'incendie, ils tenaient compte aussi de l'orientation des vents. La logique d'implantation répondait à des paramètres complexes, évoluant dans le temps.

Le four à briques en coupe et le teulier qui contrôle la montée en température. Les murs du four sont généralement plus épais que dans cette représentation. Ils peuvent atteindre deux mètres en terre crue.


Les foyers étaient parallèles et voûtés d'arcades plein-cintres.

Au-dessus de la chambre de chauffe, dans le laboratoire dont on murait la porte après l'enfournement, les briques étaient rangées les unes contre les autres en grande quantité ⁽⁵⁾ sur une tranche comme des livres sur une étagère. Entre elles, l'air pouvait circuler grâce à des consoles verticales qui formaient des sortes de couloirs. Couronnaient le tout, des débris de briques qui permettaient de visionner et contrôler la qualité de la cuisson à l'aide d'une canne.

On comptait deux journées d'enfumage très progressif pour éviter les fendillements des briques, typiques de la montée en température trop rapide. C'était « le petit feu » qui montait jusqu'à 500° C.
Puis, deux jours de « grand feu » à plus de 500° C et jusqu'à 1000° C. 

Une semaine de baisse de température très progressive. Il fallait à peu près trois jours pour défourner les pièce cuites.

Sur un mur, le maître teulier contrôlait la montée en température à l'aide de la canne et donnait des consignes.

Du bel ouvrage. Les briques sont posées « en boutisse » c'est à dire dans le sens de la longueur. Le petit côté du rectangle apparait. La cathédrale est le résultat de différentes campagnes de réfection bien visibles ici. À droite, des briques industrielles. Les briques ne sont pas éternelles, surtout les parties offertes à l'extérieur.

Observables ici, les différents types de mortiers lors des campagnes de réfection. Le joint est fait en général de mortier composé de gravier et de chaux. Il y a une finition au sable fin et à la chaux qui a souvent disparue. On minimise au maximum les joints verticaux. Les briques violacées ont subies une cuisson plus forte.
Gros plan du layage. Aspect strié par l'utilisation d'une laye, une sorte de marteau à tranchants après la pose.
Des marques de layage sur le parement.
Chaîne d'angle particulièrement abimée. La finition du joint n'est plus visible ; apparaissent alors des graviers du mortier.
Fabriquer une brique cuite normalisée

Nous parlons de « grandes briques », autour de 9 kilos, dans un format standard de 38 X 22 X 5 cm, autrement dit où la largeur équivaut, en gros, aux 2/3 de la longueur. À quelques exceptions près, ce calibre restera en vigueur du XIIᵉ au XVᵉ siècle dans l'Albigeois. À la période moderne les archives témoignent de l'existence de "moules de la ville" dont on ne peut pas déroger.

Brique dite « foraine ». L'origine de l'adjectif ne fait pas l'unanimité. Est-ce une brique facile à trouver dans les foires ? Une brique venue de l'extérieur de la ville (foreanus) ou servant spécialement à la construction des extérieurs ? Ou bien - comme nous le pensons - la brique définie par la nature même de sa cuisson suite à sa position dans le four ? Quel-qu’il en soit, le débat n'est pas tranché et il dure depuis le XVIIIᵉ siècle ...

Ce qui est sûr au moins, c'est que la brique foraine se distingue de la brique en terre crue, très utilisée depuis la Préhistoire.

Construire à moindre coût


D'accès relativement facile à Albi, la brique constitue une véritable révolution pour la construction. Presque pas de taille, pas d'ajustage compliqué, légère au montage ; du coup, un prix défiant toute concurrence. Peu de main d'œuvre employée au montage. Au delà, la brique incarne un idéal de rigueur car elle décourage le talent des sculpteurs. Un idéal de rigueur recherché lors de la construction de la cathédrale.

Dans les secrets du montage

Le mur laisse voir les trous de boulin des traverses en bois qui supportèrent les  échafaudages toutes les quinzaines d'assises de briques environ. À peu près la hauteur d'un homme. Le maçon progresse aidé d'un gafet qui lui passe les tuiles.


Base du clocher au nord de la deuxième partie du XIVᵉ siècle. Ces trous de boulin sont encore béants. Fruit d'une volonté esthétique peut être.
Sont visibles aussi les reprises et les décalages d'assises qui marquent des coups d'arrêt dans les travaux, des réfections...

Mur de la sacristie, rue de la Temporalité. Une reprise.  Le décalage des assises est particulièrement visible. Il s'inscrit avec un triangle.

Un bouchage récent. Reconnaissons-le, pas très heureux.
Trous de poutrage anciens aujourd'hui rebouchés.
Rue de la Maîtrise. Avec la lumière, des campagnes de réfection et des bâtiments « fantômes » ou «parasites» collés au mur.

 De ces réfections, nous parlerons lors d'un prochain épisode.


Notes 

(1) - Autour d'une dizaine de millions. 
(2) - Voir le point fait par Christian Servelle, La mémoire perdue des carrières d'argile, dans "Le Tarn en céramiques". Il évoque la difficulté à localiser des carrières d'extraction souvent éphémères. Les paysans rebouchent les trous après avoir épuisé les filons.
(3)Voir le point fait par Martine et Michel Houdet, L'artisanat et l'industrie céramique à Albi, dans "Le Tarn en céramiques".
(4) - Des "pourrissoirs".
(5) - Préalablement, le moule en bois est sablé et cendré.
(6) - Vertical parce que les flammes ne font que monter durant la chauffe, intermittent car le four s'arrête de fonctionner après la cuisson. Voir le point fait par Jérôme Bonhôte , Contribution à la connaissance des fours briquetiers et tuiliers dans le Tarn aux XIXe et XXe siècles, dans "Le Tarn en céramiques".
(7) - Jusqu'à 20 000 ...
(8) - Il y a d'autres briques que foraines. Brique commune, "de marteau", "biscuite". Il y a aussi "la rougette".  Les termes correspondent toujours à la nature et la durée de la cuisson car celle-ci n'est pas homogène pour la fournée jusqu'à l'invention des machines au début du XIXᵉ siècle. Un spécialiste reconnait d'ailleurs une brique à la couleur et au son qu'elle produit quand on la frappe.


Incontournable pour se faire une idée précise à l'échelle du Tarn sur ce sujet complexe mais passionnant:









mardi 23 octobre 2018

Aux grottes des Battuts: grand nettoyage automnal


 Enfin, place nette aux "Battuts"
Samedi 29 et dimanche 30 septembre et la matinée du samedi 6 octobre 2018


Grotte des "Battuts". Un premier travail de vidage et de tri avait été effectué fin août. 
Restait le plus gros.
Deux journées et une petite matinée ont suffi pour nettoyer le site des grottes* des "Battuts" sur la commune de Penne. À chaque fois, le beau temps fut de la partie, ce qui rendit l'opération plus facile. Celle-ci, prévue de longue date,  se déroula dans une atmosphère sympathique mais concentrée étant donnée la nature dangereuse des lieux.

L'opération s'imposait à cause des risques d'incendie et la pollution que généraient des produits toxiques à l'état dégradé comme des médicaments, des produits de vaisselle ou des crèmes de protection...

Un travail d'équipe.
Un constat s'imposa bien vite. L'ASCA était "taillée" pour l'opération. Sa compétence, sa mobilisation furent totales; son ingénierie tout à fait adaptée. Le CAPA participa, plus modestement, mais avec le sérieux qui le caractérise. L'occasion était idéale de relier concrètement ces deux associations, dont les objectifs diffèrent, mais dont les ambitions sont loin d'être opposées. Histoire de montrer qu'archéologie et spéléologie peuvent faire bon ménage.

Une tyrolienne, montée pour l'occasion, achemina progressivement les sacs remplis de détritus en contre-bas, dans la vallée, sur une distance de 50 mètres.

 
Les sacs avant la descente. Les déchets ont préalablement fait l'objet d'un tri


Falaise impressionnante des "Battuts" avec filin tendu pour la descente des sacs.


Descente d'un sac


Plus délicat… un frigo !

Bien sûr, certains en profitent pour s'amuser.

Les sacs, en bas, avant la deuxième étape.

La deuxième étape: une pleine benne.

Quelques moments furent particulièrement délicats, comme la descente acrobatique du réfrigérateur.

Au total, plus d'une tonne d'ordures finirent dans la benne transportée à la déchetterie de Penne (Tarn).


La Dépêche du Midi couvrit l'événement. Ce qui nous valut la visite de quelques curieux.



Pour finir, il apparait que le cas des ermites "à la Carcenac" dont nous avons déjà parlé dans un article précédent **  n'est pas isolé. Les grottes, qui surplombent la rive droite de l'Aveyron, deviennent l'habitat temporaire d'individus en quête de logement. Il n'est pas besoin de remonter au Moyen Âge : vérification faite, maints abris rocheux restent, en 2018, un refuge pour les populations les plus touchées par la pauvreté et la précarité.



Notes

* et abris

** https://capa-archeo.blogspot.com/2016/11/insolite-le-quotidien-dun-ermite-penne.html

vendredi 7 septembre 2018

À Albi, le CAPA est sur le pont ...


Pour les Journées Européennes du Patrimoine, n'hésitez pas à nous rejoindre. Nous sommes - une fois n'est pas coutume - sur Albi. Rendez-vous est donné à partir de 10 heures, samedi 15 et dimanche 16 septembre devant l'Office du Tourisme. Toute la journée, nous évoquons la mémoire de certains bâtiments disparus. 

samedi 21 juillet 2018

De moins en moins mystérieuse: la crypte de l'église Saint-Salvi


Des sondages pour mieux connaître Saint-Salvi d'Albi

Le Plo

Autour du XIIe siècle (1) à Albi, une communauté d'une vingtaine de chanoines fait ériger progressivement au-delà des murs de la Cité, une toute nouvelle église afin d'accueillir les reliques d'un saint autochtone de grand renom : Salvi (2).

Les chanoines sont installés sur un plateau surélevé à quelques centaines de mètres des remparts. Le point le plus haut de la ville, c'est le Plo (3) d'Albi. Le lieu est un cimetière. Nous en reparlerons.

Les pentes alentours sont colonisées par des maisons hautes; y grimpent des ruelles sinueuses et étroites comme la ruelle du coustou (4) de Saint-Salvi.

En contrebas, l'activité commerciale est dense. Les “Combes” entre les remparts et le Plo grouillent de vie et d'activités. Elles dominent un quartier plus ancien, celui de La Rivière, au nord, au bord du Tarn.

Juste en face de l'église Sainte-Martiane, les vénérables assumeront des années durant la laus divina. Ils suivent avec plus ou moins de ferveur la règle de saint Augustin. S'agrègent aux chanoines, des vicaires car Saint-Salvi est aussi une paroisse.


Y-a-t-il  eu au préalable sur le Plo un bâtiment différent, moins prestigieux  pour accueillir déjà la petite communauté soudée autour du culte à saint Salvi ? C'est tout à fait probable. Mais rien n'est sûr. Salvi est-il enterré en ces lieux ou bien ailleurs sur le territoire d'origine de la communauté ? Aucune certitude non plus.


En odeur de sainteté

La ferveur des pèlerins est telle que la nouvelle église comptera une crypte. Elle abritera les supposées reliques du saint mobilisées à plusieurs reprises dans l'histoire(5).

Mais d'autres saints font l'objet de vénération à Albi: saint Clair le plus ancien, saint Amarand dans la campagne à l'est(6) et bien sûr sainte Cécile, un peu plus tard.

Les reliques de Saint Salvi attirent les pèlerins, les inhumations aussi.Elles attisent les désirs des Albigeois d'être inhumés à proximité du saint.

Le pouvoir, celui de l'évêque d'Albi, encourage ce genre de pratiques et d'initiatives.

Une crypte déambulatoire

La crypte au Moyen Âge est un bâtiment voûté, situé souvent sous le chevet de l'église. La crypte est dédiée à la préservation et à la vénération des reliques.

Petite de 30 m2 à peine, celle de Saint-Salvi est semi-circulaire creusée dans l'axe sous le maître-autel. Elle ne présente aucun aspect vraiment spectaculaire en architecture.


Vue de l'intérieur de la crypte voûtée en berceau. Aucune source de lumière. Banquette maçonnée sur les côtés avec fresques sur les murs d'appui. Source: service du Patrimoine de la Mairie d'Albi
Derrière l'autel(aujourd'hui le baldaquin), descendent deux escaliers en pierre d'une dizaine de marches. L'un pour descendre. L'autre pour remonter. Les fidèles peuvent ainsi venir, se croiser et repartir sans bousculade.


Accès à l'intérieur de la crypte par les degrés d'un escalier qui monte jusqu'au Chœur. Source: service du Patrimoine de la Mairie d'Albi

Quelle forme avait cette crypte avant sa construction? Une salle entourée d'un banc de pierre avec une arête en biseau et au centre les reliques.


Un artiste a peint sur les murs différents motifs: croix fleuronnées rappelant un peu une feuille de persil, cercles et losanges sur un fond uni rouge, le tout dans des bandes horizontales en plaques successives. On donne à la peinture la forme d'un drapé.


État des peintures dégradées par l'humidité. Source: service du Patrimoine de la Mairie d'Albi

XVIIIe siècle : remodelage des lieux

Avant la Révolution le débat fait rage. La conception et les pratiques de la sainteté sont remises en cause, y compris dans les rang de l'Église d'ailleurs. Dans le camp des admirateurs, face aux sceptiques, il s'agit de légitimer de nouveau, des pratiques de dévotion depuis longtemps mises à mal et critiquées.

Aussi, la crypte est-elle remise au goût du jour à l'initiative du prévôt Antoine de Metge lors de la restauration du maître autel. La grande période des pèlerinages est terminée. Il transforme la crypte en une petite chapelle en y ajoutant probablement un autel et une niche. L'une des questions est de connaître l'exacte teneur des modifications subies par le petit édifice à cette époque.


A-t-il voulu rappeler les pratiques paléochrétiennes à des fins politiques? Cela n'est pas exclu.


2018: une question d'étanchéité

Du temps a passé. La crypte est toujours là mais elle est touchée par l'humidité, l'enduit et les peintures se dégradent. Il est décidé de creuser un drain le long du chevet pour tenter d'assainir le local souterrain. Stopper les infiltrations d'eau devient urgent.


La construction du drain risque d'entraîner des dommages irréversibles au niveau archéologique. Catherine Viers et son équipe de l'INRAP interviennent alors pour évaluer la teneur des sols sur quelques mètres de profondeur.



Deux sondages sont menés à bons termes.



Emplacement du sondage derrière l'abside.

Les différentes couches mises au jour dans leurs épaisseurs respectives. Elle permettent d'élaborer une chronologie relative des lieux. Merci à Rosy pour le cliché.
Le premier, à l'intérieur même de la crypte, pour connaître la nature exacte du sous-sol. Après l'enlèvement  de deux dalles, la pièce s'avéra construite sur des sols sans risque de vestiges: des graves argilo-caillouteuses.

L'autre sondage, à l'extérieur de la collégiale, contre et sous l'abside du XVe siècle, s'avéra plus riche en informations. Une coupe stratigraphique montra la présence sur le Plo de plusieurs couches d'habitats successifs.

Enquête en sous-sol

Le sol enregistre les différents passages et aménagements des hommes depuis des siècles. Une coupe stratigraphique est un peu un livre d'histoire dont il faut bien sûr s'assurer du bon ordre des pages. Quelles sont les parts exactes des remblais, des gravats issus des démolitions de bâtiments ? Où sont les couches ?

Un principe de base, parfois battu en brèche par les aléas de l'histoire: plus on descend, plus c'est vieux. 

Une terre grise épaisse marque surtout la période médiévale. Dans la petite fenêtre du sondage autorisé, furent repérées trois séries d'ossements avec des traces discrètes de cercueil en bois. Un enfant, enfoui en partie sous le mur du chevet et un vieillard d'une soixantaine d'années édenté avec une fracture au bras. Peu d'objets entouraient les corps.
Il est donc délicat de leur donner un contexte précis d'inhumation tant les sépultures connaissent des bouleversements au cours des siècles.

Leçon d'archéologie: si ça remue sur la terre, c'est aussi vrai sous la terre, surtout pour les défunts(squelette) dont les vivants ont peu de scrupule à bouleverser les postures voir les places avec le temps. Les causes sont nombreuses: inondation, réaménagement des lieux, pillage, manque de place(7). 

Pour ne parler que des sarcophages, ceux-ci sont vidés, transférés d'un lieu vers un autre.
Le réemploi visible d'une cuve de sarcophage et de son couvercle(sur deux niveau d'assises)dans un mur à quelques mètres à gauche du portail nord est parlant.

Présence d'un fragment de sarcophage en réemploi à proximité du portail nord de la collégiale. Remarquez les différences de couleur. La cuve parait à l'envers en longueur et le couvercle, dessous, disposé sur un flanc avec  un arrondi ou une sorte de bâtière à droite pour le toit.
Il n'est pas rare qu'ils terminent leurs existences comme abreuvoirs ou bac à fleurs à la surface.

Un rapport réalisé autour de  1860 par Hippolyte Crozes est édifiant à cet égard. 
Lors de l'aménagement de la rue Mariès, il fallut niveler. On décaissa alors le sol sur plusieurs mètres. Au nord de Saint-Salvi, les ouvriers mirent au jour un vaste cimetière. Plutôt devrions nous écrire plusieurs générations de cimetières avec des modes d'inhumation variés:
linceuls dans  des coffres en bois, caveaux collectifs, cercueils de pierre, sarcophages en grès avec logettes céphaliques.

Hélas, comme souvent pour les fouilles des pionniers de l'archéologie le flou de la description, la faible quantité d'objets récupérés ne permettent pas d'écrire véritablement l'histoire du lieu.

Tout juste peut-on de brosser quelques lignes générales sur son évolution à l'échelle d'un temps très long. 

Au final

Il ne fait pas de doute qu'il y eu une nécropole depuis l'Antiquité. Puis un cimetière bien antérieur à la construction de Sainte-Martiane et de Saint-Salvi en tout cas. 

Paroissial à partir du XIIIe où le cimetière est divisé pour la première fois en deux entités  distinctes celle de Sainte-Martiane et celle de Saint-Salvi. Il est désaffecté au XVIIIe siècle comme le cas est fréquent.

Sous la terre grise, une terre argileuse jaune identifiée en d'autres points de la ville qui correspond plutôt à la période gallo-romaine. On y découvrit de la vaisselle de Montans et de la céramique produite à Albi même à la période romaine. Ce qui révèle un intérêt certain.

Une petite coupe en bon état de conservation a été extraite du sol.

Un niveau protohistorique a aussi été décelé avant d'atteindre les graves. 

Pour terminer, il est à signaler la présence d'un mur très ancien, parallèle à l'abside, dont on ignore la fonction précise.

Voilà donc ce que l'on peut dire sur les côtés nord et est du lieu. 


Pour vous donner une idée générale des lieux rien de tel que ce petit livre: La collégiale Saint-Salvi


Notes

(1)Difficile de déterminer la chronologie exacte des travaux.
(2)Il appartient à la cohorte nombreuse des saints issus des élites dirigeantes. Ils ont vécu une jeunesse dorée avant de se retirer à la tête d'un monastère. 
(3)Plo signifie colline en occitan.
(4)Coustou: le raidillon en occitan.
(5)Déjà à la fin du XIe siècle, on voit les chanoines aller jusqu'à Rabastens exiger à ce que les droits de la communauté soient respectés ... avec le Saint en "Majesté".  Une autre statue de Saint Salvi remontant au XIVe siècle a aussi été volé à une époque récente.
(6)Vers Cunac, le lieu probable est identifié.
(7) C'est surtout vrai à partir du VIe siècle.







samedi 21 avril 2018

Labastide des Vassals à Saint-Grégoire : un lieu qui vaut le détour


 À La Bastide des Vassals


Vue sud du bâtiment en mai 2018. Photo du drone de 2B Pixel.

Actuellement une mise en valeur des lieux est prévue par le propriétaire. Vous êtes invités pour participer à ce projet sur https://dartagnans.fr/fr/projects/sauvons-un-hameau-medieval/campaign

De beaux restes pour écrire l'histoire


Sur le plan archéologique, cette mise en valeur passe bien sûr par un travail d'observation du bâti existant (1). Entre autres, le CDAT, auquel le CAPA s'associe, mèneront des recherches au sujet du château.

Elles prendront la forme d'une enquête aux archives et d'un suivi de chantier pour cette année et les années qui viennent.

Un pont, un four, un moulin sous la prééminence d'un château dans un petit périmètre, quoi de mieux pour parler de la seigneurie. 

S'y ajoute - beaucoup plus discrète - mais néanmoins indiscutable, la trace d'habitats à des époques variées avant le délabrement paysager. Des communautés ont vécu ici. Apparemment, l'homme n'a pas ménagé ses efforts pour cultiver la pente et drainer le bas-fond.

Aux sources de l'histoire: la bastide d'en Coia

Dans les années 80, pour André Soutou, le site actuelle portait le nom de Bastide d'En Coia Il apparait  en dans une donation, celle du Cartulaire de la Commanderie des Templiers de la Selve(2).

Avec l'aide experte de l'abbé Nègre, il relativise les orthographies et quelques points de grammaire pour dresser une carte de notre région à partir du cartulaire en question.

Par ailleurs, il défend l'idée que le terme de bastide utilisé à une époque précoce ne signifie pas encore une ville nouvelle mais un établissement sur une colline(3).

A priori, il n'y pas de raison de mettre en doute ses propos.

La Bastide des Vassal 

Reste que pour le première fois le lieu de "bastide des vassals" apparait en 1260  au détour d'une charte énumérant les possessions des comtes de Toulouse : " Moi, P. Vassal, chevalier, fils de Bertrand Vassal et moi P. Vassal chevalier et fils d'Amblard Vassal  reconnaissons en nos terres notre bastide avec son territoire qui est en la paroisse de Caussanel du diocèse d'Albi "(4).

Ces Vassals(5), Pierre, Guillaume, Pons, Vassal jouent un rôle actif sur la rive droite du Tarn au XIIIe et jusqu'au XIVe siècle. Ils tentent d'étendre leur autorité au-delà du Tarn, sans succès. Leur pouvoir s'affaissent autour du XIVe siècle. La fréquence de leur mention dans les archives s'amenuise.

Par ailleurs, ces deux "P." sont-ils des chevaliers de Lombers ? La chronologie permet de tenir cette hypothèse. Il est vrai, qu'entre autres, des chevaliers "vassal" tiennent des fiefs à Lombers du XIe au XIIIe siècle. Parmi eux, un Pierre.

Gasc et compagnie
Plus sûrement encore, il y a la famille des Gasc dont la première mention connue dans les archives remonte à 1256(6). Pendant plus d'un siècle, des Guillaume, des Raymond composent une fratrie qui se partage plusieurs fiefs. Celui de Bezelle à cinq kilomètres au nord de Lescure est sans doute le premier. S'y agrègent progressivement Arthès, La Barravié dans la paroisse de Sainte-Martianne au Garric et, enfin, Labastide-des-Vassals.

Les Gasc sont une lignée de damoiseaux et chevaliers vassaux des barons de Lescure- d'Albigeois.

Si nous sommes sans assurance aucune quant à l'origine du bâtiment, la fortune nous sourit quant à connaître la période de son abandon. Au détour d'une archive royale, on apprend que le dauphin (futur Louis XI) autorise un Gasc, Guillaume, à reconstruire son château de Labastide détruit par les Anglais en l'année 1430.

Grand privilège à une époque où va s'achever la guerre de Cent Ans, où l'obsession du pouvoir est d'éviter la construction des places fortes. Est-ce étonnant d'ailleurs si le projet n'aura pas de suite, car les Gasc semblent abandonner les lieux pour le plateau ? 

Les progrès de l'artillerie participent aussi d'un nouveau choix d'implantation pour la place forte.

Bref, c'est la fin d'une époque mais certainement pas celle du site dans sa globalité.

Les études aidant, certaines zones d'ombre sur ces péripéties devraient disparaitre ou au moins s'estomper. C'est bien tout ce que nous souhaitons. 

Un château qui gagnerait à être mieux connu

Il ne passe pas encore inaperçu au cœur du paysage. L'ensemble des fortifications, exposé au sud, s'adapte aux contraintes fortes du relief. Elles s'ancrent sur une plate-forme rocheuse qui domine le vallon du Lézert  à quelques 245 mètres d'altitude. Les sols sont minces. Y poussent actuellement de maigres chênes verts et du fragon, petit houx. C'est le domaine des ronces, des taillis, du buis malade.

Seules quelques trouées dans la végétation, ici et là, permettaient une visite compliquée il y encore quelques mois avant le débroussaillage.

À propos de visite, celle du colonel Louis Brieussel est restée dans les mémoires grâce au Bulletin de la Société des Sciences des Arts et Belles Lettres du Tarn en 1923. Celui-ci rédige un court texte à la suite d'une excursion in situ. On y apprend que le lieu, des plus "romantique", est déjà à l'état d'abandon. Le moulin comme le château. Il spécifie que l'arrêt de l'activité du moulin est récente (7) et décrit le château dans … un fouillis presque inextricable de broussailles et d'arbustes. À la suite de ces observations, le colonel dresse même un plan schématique des lieux que nous vous invitons à comparer avec le récent relevé.

Premier relevé des ruines des bâtiments castraux signé Louis Brieussel autour de 1923. À vous de juger de la pertinence du savant. Attention l'orientation nord-sud n'est pas conforme à la réalité. la Source: BSSABLT, Tome I, 1921, p. 199-206


Beau relevé topographique effectué en 2017 par Julien Pech. En haut, au nord, le dispositif du castrum; en bas sur la berge le pont, le moulin et ses annexes dont le plan du bâti a été relevé par l'agence Sunmetron.
  
Premières observations de nature géologique

Au sein d'un vallon, le Lézert trace un cours tortueux orienté nord/sud avant de se jeter dans le Tarn au Combal. À quelques 1500 m en amont de la confluence, sur le rive droite du Lézert au bout d'une berge convexe sont implantés un moulin et ses annexes. Sur l'escarpement, exposé au sud, qui domine le moulin est installé le castrum.

La roche ambiante appartient à la formation de Larroque de tufs rhyolitiques(8). Ils peuvent réserver des gites de minerais ferreux dont certains ne sont pas inconnus du CAPA. On sait que dans la région, les Trencavel en tire un revenu substantiel depuis la plus haute époque(9).

Affleurent des bancs gris-vert compacts avec des phénocristaux de quartz et de feldspath. Les formations sont très visibles comme assises des bâtiments sur le replat sommital. On peut aussi les observer sur le sentier et, bien sûr, comme éléments de construction.


Couches serrées du socle rhyolitique en saillie oblique orientées nord/sud. Elles sont polies à force d'usage. Le chemin qui monte au château est aujourd'hui peu carrossable.


La tranchée au nord est l'occasion d'observer le substrat rocheux mais aussi les impacts linéaires verticaux d'un outil de taille.
Une entrée du dispositif se localise à l'ouest. Elle est marquée par un vestige de porte dont toute la portion nord a disparu. Les claveaux ont été arrachés.

Ce vestige de porte borde le chemin lors d'une épingle à cheveux comme le montre la dernière des photos.

Chemin faisant

Le réseau des chemins que Louis Brieussel présente comme charretiers mérite intérêt car indubitablement ancien. Par chance, ils ne sont pas envahis par les fourrés et font encore le bonheur des marcheurs. Quelques modestes remarques de bon sens sont désormais possibles.

D'abord, l'actuelle portion méridionale du chemin sur la commune de Crespinet semble d'origine postérieure à 1830. Elle n'est pas cadastrée au début du XIXe siècle comme le montre le cadastre napoléonien. C'est la partie la moins abimée et la plus large et rectiligne avec un mur de soutènement.

En outre, il existe bel et bien un sentier mais il est au fond du vallon et suit la rivière.
Bref, des tronçons sont tombés en désuétude et existent à l'état d'empreinte dans la forêt. Il indique d'autres logiques géographiques dont il faudra tenir compte.  



Entourées en rouge les portions disparues ou inusitées de nos jours. Remarquez que le chemin actuel qui va de la confluence aux Bessières n'existe pas encore. 
Sources : Archives départementales du Tarn
La portion nord en revanche est déjà bien en place. Le réseau obéit au tracé de 1830. Même embranchement, même ligne sur la rive droite comme sur la rive gauche.

Le tracé sur la rive gauche, côté Crespinet, est identique ou presque à l'actuel. Il suffit de prendre une carte pour comparer. Sources : Archives départementales du Tarn

Le tracé sur la rive droite, côté Saint-Grégoire.
Sources : Archives départementales du Tarn
Quelques cent mètres avant d'arrivée au site, un embranchement monte au hameau des Peygues, à l'est. Après le franchissement de la rivière par le pont du moulin, il est aussi possible de gagner le plateau de Saint-Grégoire en obliquant à l'ouest. À l'est, c'est une ligne droite vers le château avant la montée vers le plateau. Il est difficile de donner une hiérarchie à toutes ces voies.

Section de la grange du moulin au virage. Des parties ont nécessité des creusements.
La roche, très dure, conserve mal la trace des ornières et des sillons. Tout du long, les passages ont poli et comme creusé la roche encaissante. Avant, la chaussée était probablement recouverte; aujourd'hui nombreuses sont les portions où la roche est à nue.

Un tracé séculaire. Virage et dernière ligne droite avant le château.
Ce chemin était-il le passage obligé vers le château ? Se prolongeait-il exactement jusqu'au château? Est-il contemporain de celui-ci ? Beaucoup de questions sans réponses.

Il n'est pas exclu qu'un autre chemin dans le talus au sud ait existé mais nous n'en n'avons trouvé aucune trace irréfutable pour l'instant. Le colonel Brieussel partage d'ailleurs cette hypothèse

À l'arrivée au château, le chemin principal devait enjambé un fossé aménagé à l'approche de l'enceinte où il est actuellement porté par un mur de soutènement, pas forcément ancien mais en cours d'effondrement.

Le chemin qui permet l'accès à la porte ouest est en épingle à cheveux. Notez au passage le mur de soutènement à gauche. A-t-il comblé un ancien fossé?

La description du bâti du château encore en élévation sera l'objet d'un prochaine article.

Notes

(1) - Avant même de passer au bâti enfoui. 

(2) - André Soutou, Quelques toponymes tarnais du Cartulaire de La Selve, Annales du Midi, Tome 99, N°177, 1987. La Selve est vers Réquista en Aveyron.

(3) - Les "bastides" se développent entre 1230 et 1350. Le mot, ici d'utilisation précoce, ne concrétise apparemment aucune forme de contrat écrit entre un seigneur et des paysans mais plutôt une forme de peuplement rurale autour d'un castrum. 

(4) - Texte original : Ego P. Vassali miles, filius quondam Bertrandi Vassali... et ego, P. Vassali miles, filius quondam Amblardi Vassali, recognoscimus nos tenere ... bastidam nostram cum districtu suo, que est in parrochia de Caussanello, dyocesis Albiensis. 

(5) - "Vassal": peu de chance pour que le terme provienne du registre de la féodalité. Il est plutôt un sens dérivé d'un mot qui qualifierait le jeune homme noble vaillant issu de l'occitan. Le terme de "vassal" est aussi bien un prénom qu'un nom d'ailleurs. On le voit ici. Il existe un "Vassal Vassal"

Petite précision si besoin est. Jusqu’au XVe siècle au moins, le nom de la personne(on dirait aujourd’hui le prénom)prévaut sur le déterminant( on dirait aujourd’hui le nom) qui rappelle un lieu de résidence familiale, un nom de parentalité, un métier ou même un surnom lié à une particularité physique. Il faut attendre Louis XI pour que le pouvoir commence à imposer un déterminant stable comme nom de famille. Jusque-là beaucoup d’individus - surtout parmi les plus humbles- n’avaient qu’un nom de personne. Jacques Astor, Dictionnaire des noms de familles et noms de lieux du Midi de la France, Ed. du Beffroi, Toulouse, 2002, p. 794 et 795

(6) Sur cette famille, voir le point récent à partir des archives fait par Cédric Trouch dans Réduits communautaires castraux et mise en défense des mas dans l'Albigeois des XIVe et XVe siècles, Archéologie Tarnaise, n°18, 2016, p. 78 et 79.

(7) - Il est officiellement déclaré "ruiné" en 1929. 

(8) - C'est l'une des composantes de la succession stratigraphique des terrains cambro-ordovicien de l'Albigeois cristallin., J. Guerangé-Lozes et M.P Mouline, Carmaux, 933, Carte géologique de la France, BRGM, 1998

(9) Hélène Debax, La féodalité languedocienne, XIe-XIIe siècles, serments, hommages et fiefs dans le Languedoc des Trencavel, Presse Universitaires du Mirail, 2003