jeudi 27 novembre 2014

Diagnostic au Castelviel d'Albi



Belle coupe stratigraphique. Sous le bitume, succession de 4 couches bien visibles grâce aux engins. Anciens sols mais surtout gravats, remblais suite à des démolitions.


À cause de la construction du viaduc autour de 1865, le haut du promontoire a subi  un arasement de près de 5 m sur sa hauteur pour une mise à niveau. On lui a coupé la tête. Il est aussi plus que probable que des remaniements de toutes sortes aient eu lieu avant même la construction du viaduc sans laisser de traces d'archives.


Que dire par exemple de cette maison-forte  dévolue au comte de Toulouse, puis aux Monfort installée  probablement à l'emplacement du Skate Park actuel ? Avait-elle encore quelque part des assises de la belle maison de Saint-Didier dont nous parle l'évêque Constance en 655 ? Pas impossible, mais comment savoir ? Après avoir été incendiée par les Anglais en 1422, cette maison-forte fut rasée au XVIIe siècle sous Richelieu avec les remparts et les portes de ce qu'on appelait le "Castelviel".


Quelques certitudes archéologiques, quand même, grâce à la vigilance de l'archiviste départemental d'Émile Jolibois. Lors de l'arasement de 1865, il note à sa façon l'existence de couches protohistoriques et exhume des haches de bronze à talon et à rebord, une pointe de douille et deux poignards. Ensemble, les éléments font plus penser à une «  cachette de fondeur » qu'à un habitat. Ces outils précieux remontent probablement autour de 800 ans avant Jésus-Christ.
Ils sont actuellement stockés au musée Toulouse Lautrec. Sera-t-il un jour possible de les voir ? Rien n’est moins sûr.
Pour l'occasion, Émile Jolibois évoque l'existence de huttes en terre crue.

Moins spectaculaire, il trouva également à 50 cm de profondeur une couche gallo-romaine contenant  principalement 2 monnaies, un peson et une fibule. Des traces matérielles pauvres au regard de la qualité de l'emplacement du site. La faiblesse de cette occupation n'est pas en adéquation avec les restes trouvés plus à l'est vers le « bourg ». Comment l'expliquer ? Émile Jolibois avait comme préoccupation première les objets, beaucoup moins la stratigraphie. A posteriori, il n'est pas facile de comprendre ce qu'il a vu et comment il l'a vu.

Dès lors, il ne faut jurer de rien mais la découverte de niveaux archéologiques en place serait fort étonnante. Par ailleurs, il ne s'agit pas à proprement parler d'un sondage comme l'écrit Albimag mais d'un diagnostic de l'INRAP(2) afin d'évaluer le risque archéologique. Une opération est lancée si et seulement si un intérêt scientifique est prouvé. Sur 1700 diagnostics en 2013, 260 fouilles ont été lancées par l'INRAP(3).


Des tranchées de tailles inégales sont creusées par la pelle mécanique sur plusieurs mètres de profondeur en fonction d'un plan préétabli de recherche. Y-a-t-il quelque part des zones épargnées par les remaniements ? Peut-être ? L'INRAP dira. Nous vous tiendrons au courant.

 Aujourd'hui les engins servent à repérer la présence éventuelle de sols. Décapage jusqu'à une couche stratigraphique sur la photo en bas à droite.

(1) - Pour ne pas parler de "château".
(2) - L'Institut National de la Recherche Préventive est le seul organisme habilité à mener un diagnostic archéologique sur le territoire français. Un rapport sera rendu au Service régional d'Archéologie. Nous pensons qu'il est public.
(3) - La fouille peut être menée par d'autres organismes ou entreprises.







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